TL;DRSur un gros projet, Claude dépense une grande partie de votre quota à lire des fichiers pour s'orienter. Graphify lui donne une carte du code : voici comment l'installer, ce qu'il fait, et ce que nous avons réellement mesuré sur notre application.

Le vrai problème : Claude relit votre projet à chaque question#

Quand vous demandez à Claude Code « où est gérée la facturation ? » sur un projet de plusieurs centaines de fichiers, il n'a aucune carte du code. Il cherche par mots-clés, ouvre des fichiers, en écarte la moitié, en rouvre d'autres. Tout ce qu'il lit entre dans la conversation, et cette conversation est relue à chaque échange suivant.

Avec un abonnement (Pro ou Max), vous n'êtes pas facturé au token, mais votre quota d'usage s'épuise d'autant plus vite que les échanges sont longs et chargés. Le gaspillage le plus courant n'est pas ce que Claude écrit : c'est ce qu'il lit pour se repérer. C'est exactement là que Graphify intervient.

Graphify, c'est quoi ?#

Graphify est un outil open source (licence Apache-2.0) qui transforme un dossier de code, de documents, de PDF, d'images ou de vidéos en graphe de connaissances : chaque fonction, classe ou concept devient un nœud, chaque appel, import ou héritage devient un lien. Le graphe est regroupé en « communautés » (les grands blocs du projet) et sauvegardé dans un dossier graphify-out/, ce qui le rend persistant d'une session à l'autre.

Trois fichiers sont produits :

  • graph.json : le graphe interrogeable, celui que Claude consulte ;
  • GRAPH_REPORT.md : un rapport lisible (concepts clés, nœuds les plus connectés, liens surprenants) ;
  • graph.html : une visualisation interactive à explorer dans le navigateur.

Pour le code, l'analyse est faite localement par un parseur syntaxique (tree-sitter), sans appel à un modèle d'IA et sans clé d'API. Seuls les documents, images et vidéos passent par une extraction « sémantique » qui, elle, utilise un modèle et consomme donc des tokens.

Comment ça économise des tokens#

Sans graphe, Claude explore en lisant des fichiers entiers. Avec Graphify, il commence par interroger le graphe : la réponse tient en quelques centaines de tokens et indique quels fichiers et quels symboles comptent, ainsi que leurs relations. Claude n'ouvre ensuite que les quelques passages utiles.

Trois effets se cumulent :

  • Moins de lecture à l'aveugle : on remplace des dizaines d'ouvertures de fichiers par une requête ciblée.
  • Un contexte plus léger : comme la conversation est relue à chaque échange, un contexte allégé profite à toute la suite de la session.
  • Une mémoire qui survit : le graphe reste sur le disque, la session suivante ne repart pas de zéro.

Ce que nous avons mesuré sur notre propre code#

Plutôt que de reprendre des chiffres de démonstration, nous avons lancé Graphify sur le dossier src/ de notre application Symfony (629 fichiers PHP). Le graphe obtenu compte 7 187 nœuds, 17 898 liens et 307 communautés.

La commande intégrée graphify benchmark annonce une réduction moyenne de 7,9× par requête par rapport à l'envoi de l'ensemble du corpus, avec des écarts allant de 3,8× à 24,1× selon la question. Ce chiffre est à prendre avec recul : personne n'envoie tout un projet à Claude, ce qui en fait une base de comparaison très défavorable à l'approche classique.

Nous avons donc fait une seconde mesure, plus proche de la réalité. Pour trois questions concrètes, nous avons comparé la taille de la réponse de Graphify à celle des fichiers qu'une recherche par mots-clés désigne (estimation : 1 mot ≈ 1,33 token) :

Question poséeRéponse GraphifyFichiers désignés par une recherche par mots-clés
Quel service génère les PDF de facture ?≈ 630 tokens134 fichiers, ≈ 190 000 tokens
Où est gérée l'intégration B2Brouter ?≈ 550 tokens29 fichiers, ≈ 52 000 tokens
Comment un article de blog est-il publié ?≈ 575 tokens45 fichiers, ≈ 63 000 tokens

Limites de cette mesure : la colonne de droite est un plafond théorique. Claude ne lit pas tous les fichiers qui contiennent un mot-clé, il en ouvre une partie, souvent partiellement. L'économie réelle se situe donc entre les deux, et dépend de la question, de la taille du projet et de la façon dont Claude explore. Nous ne pouvons pas vous promettre un pourcentage précis.

Deuxième nuance, constatée pendant nos essais : sur la question des PDF, le premier nœud renvoyé était bien PdfGeneratorService, mais la réponse contenait aussi du bruit (entités sans rapport) et était tronquée par le budget de 2 000 tokens. Le graphe indique la bonne direction, il ne remplace pas la lecture du code.

Comparatif : Claude seul ou avec Graphify#

CritèreClaude Code seulClaude Code + Graphify
Repérage dans un gros projetRecherche par mots-clés puis lecture de fichiers entiersRequête sur le graphe (≈ 550 à 630 tokens dans nos essais), puis lecture ciblée
Contexte consommé pour s'orienterÉlevé, croît avec le nombre de fichiers ouvertsFaible et borné (budget de 2 000 tokens par défaut, réglable)
Impact sur le quota d'un abonnementSessions qui se remplissent vite sur les gros projetsPlus d'échanges utiles avant d'atteindre la limite (gain variable, non chiffrable à l'avance)
Compréhension des relations entre fichiersReconstituée à chaque sessionDéjà cartographiée : appels, imports, héritages, communautés
Mémoire d'une session à l'autreAucune, sauf notes que vous entretenezGraphe et rapport conservés dans graphify-out/
Coût de mise en placeAucunInstallation et construction du graphe (locale et sans IA pour le code)
Mise à jourSans objetÀ entretenir : graphify update ou hooks Git
Petit projet (quelques fichiers)Très bien adaptéGain négligeable, voire nul
FiabilitéDépend de la rechercheBonne piste mais parfois bruitée : la vérification dans le code reste nécessaire

Installer Graphify pas à pas#

1. Installer l'outil#

Le paquet s'appelle graphifyy (avec deux « y »). La méthode recommandée isole l'outil dans son propre environnement :

uv tool install graphifyy
# ou
pipx install graphifyy
# ou
pip install graphifyy

2. Le brancher sur Claude Code#

graphify install

Cette commande enregistre le skill Graphify pour Claude Code. Pour l'activer uniquement dans le dépôt courant, ajoutez --project. L'option --strict va plus loin : elle empêche les lectures brutes de fichiers pour imposer le passage par le graphe. Elle est efficace mais contraignante, à réserver aux projets où vous en avez vraiment besoin.

La commande graphify claude install écrit en plus une section dans le fichier CLAUDE.md du projet et ajoute un hook, pour que Claude pense à consulter le graphe avant de chercher dans les fichiers.

3. Construire le graphe#

Dans Claude Code, à la racine du projet :

/graphify .

Pour un projet composé uniquement de code, vous pouvez le faire en ligne de commande, sans clé d'API et sans consommer de tokens :

graphify extract . --code-only

4. Interroger le graphe#

graphify query "Où est gérée la facturation ?"
graphify path "InvoicesService" "PdfGeneratorService"
graphify explain "PdfGeneratorService"
graphify god-nodes

Ensuite, vous n'avez rien de particulier à faire : posez vos questions à Claude normalement, il consulte le graphe.

5. Garder le graphe à jour#

Un graphe périmé envoie Claude au mauvais endroit. Deux options :

graphify update .     # relance l'extraction du code modifié
graphify hook install # reconstruit automatiquement après chaque commit

Bonnes pratiques et pièges#

  • Ajoutez un fichier .graphifyignore pour exclure les dossiers sans intérêt (dépendances, sauvegardes, fichiers générés). Sur notre dossier, des sauvegardes .bak côtoyaient le code utile.
  • Réservez l'extraction sémantique aux documents qui le méritent : c'est la seule étape qui consomme des tokens.
  • Ne commitez pas de secrets dans le corpus : ce que vous indexez est lisible dans le graphe.
  • Vérifiez toujours dans le code avant de modifier : le graphe oriente, il ne garantit pas.

Notre avis#

Graphify apporte le plus sur les projets volumineux que vous rouvrez souvent : il évite à Claude de réapprendre l'architecture à chaque session, et il rend ses explorations plus courtes. Sur un petit projet, l'intérêt est faible. Les chiffres ci-dessus montrent un ordre de grandeur, pas une garantie : mesurez sur votre propre code avec graphify benchmark avant de décider.

Vous utilisez déjà Claude dans votre activité ? Lisez aussi comment analyser le SEO de son site avec Claude et comment faire du web design avec Claude Opus 5.5.

Questions fréquentes#

Graphify consomme-t-il des tokens ?#

Pas pour le code : l'analyse est locale, sans modèle d'IA ni clé d'API. L'extraction sémantique des documents, images et vidéos utilise en revanche un modèle configuré et consomme des tokens.

Combien de tokens Graphify permet-il d'économiser ?#

Cela dépend du projet et de la question. Sur notre code, le benchmark intégré annonce 7,9× en moyenne par rapport à l'envoi de tout le corpus, mais ce chiffre est un plafond : la vraie économie est plus faible et doit être mesurée sur votre propre projet.

Graphify fonctionne-t-il avec un abonnement Claude ?#

Oui, il se branche sur Claude Code via la commande graphify install. Il ne change pas le fonctionnement de l'abonnement : il réduit simplement la quantité de texte que Claude doit lire pour se repérer.

Faut-il mettre à jour le graphe ?#

Oui. Utilisez graphify update après des modifications, ou installez les hooks Git avec graphify hook install pour reconstruire automatiquement après chaque commit.

Graphify est-il utile sur un petit projet ?#

Rarement. Sur quelques fichiers, Claude se repère sans difficulté et le gain est négligeable.

Article rédigé le 29/09/2026 par l'équipe Websource à partir des sources citées ci-dessus, puis relu avant publication. Une information vous semble inexacte ou datée ? Signalez-le nous, nous corrigeons.